Le Petit Prince par Antoine de Saint-Exupéry, publié pour la première fois en 1943, a accédé au domaine public en 2015 dans une réédition signée les Éditions Imaginaires.
Aujourd’hui, plusieurs ont lu cette œuvre ou, du moins, en ont entendu parler et à raison : faisant partie du palmarès des livres les plus traduits au monde, aux côtés de la Bible, Le Petit Prince se lit dans plus de 300 langues. Saint-Exupéry, aviateur et écrivain français, est, comme tout grand auteur, mort avant de pouvoir savourer le succès de son œuvre qui s’est vendue à plus de deux millions d’exemplaires.
Courte lecture d’une centaine de pages, Le Petit Prince raconte, comme le nom l’indique, l’histoire du Petit Prince, mais à travers les yeux d’un aviateur dont l’avion est tombé en panne au milieu du Sahara, endroit où les deux personnages se rencontrent. L’aviateur découvre que le petit garçon vient d’une autre planète et qu’il a quitté sa maison en quête d’apprentissages et d’amitiés. Après avoir fait la rencontre d’un roi, d’un vaniteux, d’un ivrogne, d’un businessman, d’un allumeur de réverbères, d’un géographe et de quelques animaux dotés de parole, le Petit Prince retient une leçon : les grandes personnes ont oublié ce qui est essentiel.
Le genre dans lequel se situe l’œuvre est incertain. À l’apparence d’un livre pour enfants, avec des illustrations, un lexique minimaliste et des répliques candides, le livre est simple, mais pas simpliste. Les mots comportent des doubles sens qui permettent aux enfants d’apprécier la surface et aux adultes de percevoir le symbolisme ouvert à l’interprétation de métaphores et d’enseignements brillamment exécutés. Ces doubles sens permettent aussi d’aborder des thèmes plus profonds comme la mort, l’invisible, le temps et l’espace, le danger, le bonheur et l’amour.
Il s’agit d’une œuvre qui, à la manière des Fables de La Fontaine, établit une valeur unique pour chaque chapitre et cache dans un conte merveilleux une critique sociale principalement tournée vers l’âge adulte. Les personnages que le Petit Prince rencontre dans ses voyages représentent tous un vice de l’adulte et soulèvent une incorrigible étroitesse d’esprit en contraste avec la sagesse curieuse de l’enfance, alimentée par le pouvoir de l’imagination. Le récit possède une vérité qui fait réfléchir sur la valeur des choses et sur les priorités. Pour les grandes personnes, le concret et le sérieux, comme les chiffres ou encore les sciences naturelles, prévalent sur le reste, sur les émotions et les sciences sociales. Pourtant, « l’essentiel est invisible pour les yeux » (Chapitre XXI). On accorde aux enfants la faculté de percevoir aisément cet essentiel et est alors instaurée une nostalgie de l’enfance : « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent. » (Dédicace)
Le Petit Prince est en ce sens une lecture qui couronne l’essentiel en demandant davantage à être ressentie qu’à être comprise.
Et vous, avez-vous lu Le Petit Prince? Qu’en avez-vous pensé?
Vous souhaitez explorer un peu plus le thème de la mort en littérature? Lisez ma critique sur Une femme par Annie Ernaux!
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